lundi 23 mai 2016

10 trucs qu’on ne vous a pas encore dit sur le Mexique




Tout n'est pas que cliché au Mexique !



Alors que nous approchons de la frontière mexicaine et que notre séjour dans ce pays touche à sa fin, nous voulions garder trace dans cet article de petites réflexions que nous a inspirés le Mexique, de l’anecdote rigolote à la remarque sociologique de comptoir.

1.    les bandes d’arrêt d’urgence servent-elles aux urgences ?

Eh bien non, elles servent principalement aux camions pour se rabattre quand ils sont doublés et qu’une autre voiture arrive en face… c’est tout à fait intégré par tous les conducteurs mexicains… et maintenant par nous aussi. Cela sert également aux piétons, cyclistes, cavaliers qui font une balade le long de l’autoroute ; ou pour laver son camion aussi.
Mais de façon plus pittoresque, cela sert aussi à ca :

Voiture Balai pour pélerins


Pélerin attendant son relais
Carosse à saint

Mais oui, mais oui, des relais de pèlerinages. On s’explique. Des jeunes gens sont postés tous les 100 m sur la bande d’arrêt d’urgence et se passent un relais en courant. Ils sont déposés par une voiture balais à l’effigie de leur saint et relient ainsi la ville où ils le célèbreront.
On peut vous dire qu’ils ont besoin d’une sacrée protection (ou plutôt d’une protection sacrée) pour ne pas se faire faucher sur les périphériques surchargés…. C’est juste de la folie, mais la sainte vierge veille sur eux hein….


2 C’est quand « ahorita » ?

Il y a des choses qu’on ne peut pas apprendre… il faut des années de vie dans le pays pour saisir le sens.  Ca fait partie de la culture d’un endroit.
Ainsi en est-il pour le sens de « Ahorita ». Quand vous demandez à un mexicain :  Quand (part-on, mange-ton, le camping car sera-t-il réparé, passe le bus) ? La réponse est « ahorita ». Cela peut se traduire par bientôt, soit de quelques minutes à dans quelques jours… à chacun d’interpréter. Et nous n’avons pas toujours bien interprété manifestement…


3 « Non »  existe-t-il en mexicain ?

On le savait, je l’avais lu sur le net, un mexicain ne dira que très rarement « je ne sais pas » ou « non »… Cela en fait des interlocuteurs extrêment sympathiques et très serviables mais parfois peu fiables. Ils peuvent t ‘indiquer n’importe quoi dans la rue quand tu les questionnes, par contre tu n’arrives jamais au bon endroit.
Entre le lire sur le net et le vivre en vrai, il y a un tout petit écart.

4 Les métiers improbables

François, on doit te dire un secret, on a trouvé comment redresser la courbe du chômage en France… Faut que tu viennes faire un tour au Mexique avec une équipe de pole emploi.
Tu pourras ainsi redécouvrir les cireurs de chaussures, les agitateurs de drapeau qui sont légions, les gardiens de portails ouverts, les racoleurs de rue pour ophtalmo…
Plaisanterie mise à part, une foule de petits métiers qui nous paraissent anachroniques doivent soutenir le socle économique du Mexique. Ceci étant dit, ne nous voilons pas la face, ce sont très probablement de petits boulots, très mal rémunérés.

Cireur de Chaussures

Agitateur de drapeau (pour vendre à manger, pour signaler des travaux, pour te faire rentrer dasn un resto)


5 Zavez pas vu Chita ?

Elle est sans doute passé par là !
Vus dans la region du Chiapas des ponts pour singes hurleurs au-dessus de l’autoroute !

 


6 Walt Disney a-t-il vécu au Mexique ?

Coline en est désormais persuadée… Mais regardez un peu les vitrines de ces magasins qui sont présents dans les toutes les villes, même les plus petites ! 

Version 3 ans
Version 15 ans

C’est pas une tentation du diable pour petites filles de 5 ans ça ? Ca ne ressemble pas à une mega party où seraient invitées Arielle, Anna, Elsa, Aurore, Raiponce et Cendrillon franchement ?

Pourtant, nous, les mexicaines, on les a plutôt vu en jean/tee-shirt/tong.
Renseignement pris, il se trouve que les mexicains font une fête lorsqu’une des filles de la famille atteint sa quinzième année. A priori une assez grosse fête où on sort l’artillerie lourde niveau vestimentaire, et qui plombe un peu le budget du ménage.
Et si on a bien compris, ils se font aussi un petit happening pour les 3 ans des petites filles (mais peut-être plutôt avec une connotation religieuse, comme un post- baptême ???).

Bref, il tarde à Coline d’avoir 15 ans (vu que pour les 3 ans, c’est râpé)… Ça nous laisse le temps d’économiser.


7 Descartes a t il vécu au Mexique ?

Non, le mexicain ne nous a pas semblé franchement cartésien… sauf sur l’urbanisme commercial. Alors là, ca rigole pas. Chaque village a SA spécialité : le village du café où tu trouves 20 cahutes qui vendent du café et puis plus rien après pendant des kilomètres, le village des chaises en bois, le village des attrapes-rêves, le village des fraises à la crème….
De même dans les villes, tous les magasins sont regroupés par type : toutes les bijouteries sont dans la même rue, tu en auras trente à la queuleuleu, tous les magasins de sport idem, tous les dentistes pareil… ca reste pratique pour faire ses courses. Par contre si t’habites loin du quartier des dentistes et que tu as souvent mal aux dents, t’es baba…
Le village du petit meble en bois

8 Le Mexique plus ouvert aux différences ?

Il reste de gros écarts entre monde urbain et monde rural (mais comme chez nous non ?). En tous cas le Mexique fait une très belle part aux enfants en général en leur réservant de magnifiques espaces de jeux, et, chose jamais vue en France, des jeux pour enfants adaptés aux handicapés moteurs… et c’est courant en plus. On a trouvé ça vraiment super.

Dans un autre registre, on a trouvé qu’en ville l’homosexualité était bien assumée et affichée sans souci… bien plus qu’en France (mais bon on sort plus ici qu’en France !!!).


9 Vos papiers s’il vous plait !

Pas besoin de faire le compte : on s’est davantage fait arrêter en deux mois ici que dans toute notre vie de conducteurs en France : la police locale, la migration, la police fédérale, la police contre les narco trafiquants, la police phytosanitaire… Ça n’arrête pas. Mais jamais aucun souci : des policiers courtois et sympathiques, souvent amusés de monter dans le camping car et qui se "radoucissent" à la vue des enfants.
Cette présence policière/militaire est à la fois un peu oppressante : ils peuvent quand même être debout dans des jeep cagoulés et avec mitraillette, mais aussi rassurante : le pays a pris sa sécurité en main.
Dans tous les cas, pour l’instant (et on espère jusqu’au bout) nous ne sommes jamais sentis en insécurité au Mexique, même en bivouac sauvage. Bon après, on ne s’est pas amusé à se promener liasse à la main de nuit dans les quartiers chauds des grandes villes. Juste des mesures de bon sens de base. Notre seul souci a été le vol dans le camping-car mais qui s'est produit dans un garage de marque avec gardien jour et nuit, alarme et caméra de surveillance... donc comme quoi...


10 Vie privée/Vie publique

Encore un « choc » culturel pour nous : la notion d’espace privé/espace public n’est pas la même au Mexique que chez nous ; me semble-t-il .
La où on n’a vraiment pas aimé, c’est l’espace littoral. On en a déjà parlé mais le littoral est complétement privatisé par les hôtels, les restaurants… à la barbe des lois de protection de la côte. Les restaurants vont jusqu’à mettre leur table les pieds dans l’eau… Du coup impossible de poser une serviette sur la plage. Ceci étant dit les mexicains ne posent pas leur serviette sur la plage. Ils s’assoient systématiquement  à une terrasse. 
A l’inverse, plus amusant, parfois fatiguant, la musique à fond n’importe où, n’importe quand. Et vas-y que je te fais un karaoké sur ma terrasse dans un quartier résidentiel  jusqu’à 4 heure du mat, et vas-y que j’installe barbec et ampli sur le bord de la piscine d’une résidence hôtelière pour une petite fête privée, et vas-y que je sors le pack de bière dans la coursive de l’hôtel pour une soirée parlotte devant les portes des chambres… et ça n’est pas juste les soirées de jeunes du samedi soir. C’est tout le temps.

Voila on aurait aimé vous raconter que les mexicains se baignent habillés, qu'il ne faut pas confondre Panaderia et Tortillera,  que les autoroutes se transforment parfois en chemin de terre, ce que sont les mariachis... mais ca sera pour une prochaine.

Que te vaya bien !!!



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3 commentaires:

  1. Ca, j'adore! C'est d'ailleurs à ça que servent les voyages: ouvrir les yeux sur des cultures différentes. Très intéressant, même si, logiquement, ce sont des observations "de comptoir", comme vous dites. Vous constaterez bientôt que, dans le domaine des petits boulots, les Etats-Unis ne sont pas mal non plus. Souvent trois employés par caisse dans les supermarchés (le ou la caissière, celui ou celle qui range les articles dans les sacs pour vous, et celui ou celle qui vient les mettre dans votre coffre de voiture), sans parler du sempiternel ouvrier qui agite le drapeau à proximité des zones de travaux, là où nous mettons un mannequin en plastique. Et oui, on entre alors dans un intéressant débat philosophique (et d'actualité) sur ces emplois et le chômage.
    J'ai peine à imaginer l'extraordinaire enrichissement culturel et intellectuel que vous offrez à vos enfants. Ils y penseront le restant de leur vie.
    Bises

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  2. Philippe a bien raison, le voyage c'est ça, découvrir les différences. Voilà qui humanise votre voyage. Sachant que le mauvais train peut parfois amener au bon endroit une mauvaise indication peut amener à une bonne surprise, alors!
    Quant à la conduite nous avons constaté exactement la même chose en Grèce, quand un automobiliste double chacun fait de la place en empiétant sur les bandes d'arrêt d'urgence. Pupuce est devenue une adepte de la mode mexicaine, l'Andalousie devrait lui plaire.
    Bon maintenant place aux gringos.
    Serge

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  3. l agitateur de drapeau me rappelle une anecdote que je n ai jamais racontėe à mes petits enfants et qui 25 ans après me fait encore mourir de rire . les 2 grands mères d Audrey venaient ensemble nous rendre visite toutes les semaines.Un
    mercredi, au volant de la 206, elles aperçoivent un mannequin agitant un drapeau . la grand mère conductrice ralentit , s'arrête au niveau de l'agitateur et rentre dans un monologue sans fin. "mais enfin monsieur vous pourriez au moins me dire si ça va être long parce que moi je peux pas conduire la nuit....." elles doivent leur salut grâce à l intervention d' un conducteur agacé. Elles aussi en ont rient pendant des années. Donc vous voyez nos loulous finalement vos arrières grands mères maternelles n étaient pas si givrées que ça. C à aurait pu être un vrai.....
    Article très intéressant et bien écrit. j ai pris beaucoup de plaisir à le lire.
    Qu en dit monsieur le professeur Ph.Gouv?
    bisous à notre petite familly.

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